My Blog

Un cerveau musicien

Voici mon dernier rédactionnel paru dans le Criquet magazine N°245 de Août/Septembre 2021 en page 5. “Un cerveau musicien”. La neuropsychologie nous affirme que la musique est dans nos gênes. Si vous souhaitez mieux comprendre les influences de la musique sur notre cerveau, cliquez sur “Lire la suite” ou suivez ce lien. Merci à Dider Aubray pour le super travail qu’il fait pour ce magazine incontournable de notre région.

Pour la majorité d’entre nous, nous naissons avec un cerveau musicien. Les nouveau-nés ont une conscience développée de la musique et ceci bien au delà de ce qu’on imagine. Dans une étude récente (1), on s’est aperçu que glisser quelques fausses notes ou retirer un temps à une séquence rythmique faisait réagir le nourrisson au delà de toute attente. Le bébé répond fortement aux aspect harmoniques et mélodique des sons et il est particulièrement sensible au rythme. On peut affirmer que notre cerveau est prédisposé pour détecter les erreurs de structure du langage ou de la musique et cette faculté est opérationnelle depuis la naissance. L’influence génétique est bien sûr importante dans nos capacités musicales mais l’environnement dans lequel nous grandissons joue évidemment son rôle. Etonnant aussi de s’apercevoir que nos préférences musicales se définissent vraiment à l’âge de 13 ou 14 ans et qu’elles vont ensuite durer toute la vie (2). A cet âge, il semble que nous ressentons les émotions avec une intensité particulière, nous amenant à chercher dans la musique une forme de consolation ou de distraction. Cette empreinte va ensuite s’ancrer dans notre cerveau en devenant adulte. Par ailleurs, 95% des personnes sont capables de pratiquer la musique sans difficulté et même d’atteindre un niveau professionnel à condition d’y consacrer du temps. Seuls 2,5% des gens sont des prodiges musicaux comme l’était Mozart et 2,5% des personnes sont incapables de percevoir la musique (3). On s’aperçoit donc que pratiquer la musique et en jouer convenablement est à la portée de la majorité d’entre nous si nous nous en donnons les moyens. Certes, nous apprenons moins vite et moins bien à 40 ans qu’à 20 ans car notre cerveau s’est rigidifié. Ceci n’est pas forcément pénalisant et confère de la stabilité dans notre apprentissage. En conclusion, la musique est dans nos gènes… Si vous ou votre enfant y manifestez un intérêt, c’est peut-être le moment de commencer sérieusement la pratique d’un instrument?

1) Daniela Perani (Université de San Raffaele à Milan)

(2) Seth Stephens-Davidowitz (The New York Times: Analysis of Spotify data)

(3) Isabelle Peretz (professeuse en neurocognition de la musique à l’université de Montréal, Canada)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *