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Promenons-nous dans les bois (partie 4) – Dernier article Le Criquet Mai 2020

Voici mon dernier rédactionnel paru dans le Criquet magazine de Mai 2020 en page 5. “Promenons-nous dans les bois”. Vous trouverez ici un cheminement parmi les bois rares ou recommandés dans la fabrication des guitares. C’est la quatrième et dernière partie consacrée aux bois de lutherie ! Merci à Dider Aubray pour le super travail qu’il fait pour ce magazine incontournable de notre région.

Le Criquet Avallonnais N° 225
Le Criquet Avallonnais N° 231

Promenons-nous dans les bois (Partie 4)

Rester confiner certes mais ne restons pas inertes. Tout ne s’est pas arrêté et la nature, dans sa ronde des saisons, nous en donne un exemple bien vivant. Il suffit de mettre le nez à la fenêtre pour s’apercevoir que le printemps est bien là avec ses surprises de bourgeons et de parfums. Heureusement, notre imaginaire n’est pas soumis à dérogation pour vagabonder dans les chemins et les forêts. Alors en pensées, poursuivons notre sentier dans les bois, et arrêtons nous un instant sur les plus nobles arbres utilisés dans la fabrication des guitares. Dans les trois précédents numéros du Criquet, nous avions examiné les extraordinaires propriétés acoustiques de la plupart des bois de lutherie mais impossible de clore cette promenade sans nous arrêter sur ces dernières essences fort prisées. L’acajou est un bois rouge-brun qu’on retrouve souvent pour la fabrication des manches des célèbres guitares Gibson SG et Les Paul. Très utilisé aussi pour la réalisation du dos et des éclisses, c’est un bois dont l’utilisation remonte au XVIème siècle. Malheureusement, il est lui aussi en voie d’extinction à cause de coupes non régulées et de surexploitation. Alors replantons et nous pourrons continuer d’apprécier le son puissant qu’il offre aux guitares électriques et la délicatesse de son timbre pour les guitares acoustiques. Le cyprès est un bois facile à travaille, il n’a pas de qualités techniques exceptionnelles et sa résonance est sèche. Il sera cependant un bois très courant dans la fabrication des guitares de type flamenco pour sa sonorité dynamique et percutante. Il existe bien d’autres bois utilisés en lutherie dont le cerisier, le padauk (le bois le plus stable de tous) ou encore le cocobolo que mon luthier (Otto Vowinkel) à choisi pour le dos et les éclisses de ma guitare classique de concert car il à des propriétés semblables au palissandre de Rio. Les arbres sont nos plus précieux alliés pour toutes ces raisons et au delà de leur utilisation universelle, ils sont aussi une matière vivante qui portent dans leur structure la magie du son.

Promenons-nous dans les bois (Partie 3)

Poursuivons notre promenade à la rencontre des bois qui résonnent à l’oreille des musiciens et mélomanes. Dans les précédents numéros du Criquet (Numéros 228 et 229) nous nous étions intéressés à la fabrication des guitares et à certains bois utilisés (l’érable, l’épicéa, l’ébène, le noyer, le frêne, le tilleul). Après des années d’expérience, un bon artisan luthier reconnaitra d’emblée un bois de qualité à l’œil et à l’oreille. Parfois, il ira jusqu’à choisir son bois sur pied, c’est à dire en visitant lui-même en forêt l’arbre qu’il va commander pour la fabrication de ses instruments. Il regardera si l’arbre est droit, si il est bien élagué car il faut une bonne longueur de fût sans branches. Le choix est complexe. Le réchauffement climatique ainsi que l’exploitation forestière dédiée au bois de chauffage et à la construction rendent certaines essences de bois comme l’érable ondé assez difficiles à trouver. Le bois roi pour la réalisation des tables de guitares classiques est le cèdre. Le véritable bois de cèdre provient de trois régions seulement du globe : le Liban, l’Atlas et l’Himalaya. Le son de ce bois sera fluide, rond et bien équilibré. Le palissandre est un bois très dense et dur qui peut façonner le dos et les éclisses des guitares acoustiques. Les deux palissandres utilisés sont ceux de Rio et d’Inde. Le palissandre de Rio a malheureusement presque totalement disparu des ateliers de luthiers car c’est un bois protégé et en voie d’extinction. Le palissandre d’Inde qui remplace celui de Rio est approuvé pour sa stabilité et son rendu des médiums incomparable. Sa couleur est pourpre et chaude comme sa sonorité d’ailleurs. L’aulne est un bois à la fois très ferme et assez fragile. Il produit un son clair apprécié pour les guitares électriques. Le bubinga, de soncôté,est un bois stable et solide aux reflets rouges et bruns. Le son est ferme et consistant. On l’utilisera pour le corps des guitares électriques principalement (et surtout des basses électriques). Mais la promenade dans les bois n’est pas terminée et nous poursuivrons notre chemin dans le prochain numéro du Criquet.

Promenons-nous dans les bois (Partie 2)

Le bois est un matériau de construction incontournable pour les instruments de musique à corde. Dans le précédent numéro du Criquet (N° 228 – Février 2020), nous avions évoqué le travail du luthier et quelques essences de bois parmi les plus utilisées pour fabriquer des guitares (érable, épicéa, ébène). Il existe pourtant d’autres espèces de bois que celles précédemment citées. Certaines aux qualités exceptionnelles dont je vais poursuivre la description ici. En plus de l’aspect esthétique, la croissance, la densité, la nervosité et la coupe auront une influence considérable sur le son produit par l’instrument. La résonnance sonore et la vitesse de propagation du son seront favorisées par des bois de faible densité et de forte résistance à la flexion. Les exigences de qualité sont strictes et le bois devra être sans nœuds, léger et présenter des cernes annuelles régulières et claires. Les arbres dont le bois répond à ces exigences croissent principalement aux altitudes élevées car il n’y a pas de trop grandes variations de température entre les hivers et les étés. Mais poursuivons notre ballade parmi les différentes essences de bois. Le noyer est utilisé sous deux espèces : le noyer noir ou le noyer royal se déclinant en plusieurs couleurs allant du gris brun jusqu’au noir. On le réserve la plupart du temps à la réalisation du chevalet.  Le tilleul est un bois fragile, léger, à la texture très fine. Il sèche rapidement, se travaille facilement et sa résonnance est appréciable. A l’origine très claire, sa teinte va foncer avec le temps. Il est fréquemment employé pour les guitares électriques dont le vernis va protéger sa fragilité. Lefrêne, égalementun bois très clair, sèche assez vite mais sera plus robuste que le tilleul. Il est très répandu dans les guitares de série solid body (électrique) car il est exploité un peu partout. D’autres essences magnifiques et nobles sont aussi très précieuses pour les luthiers mais ça c’est une autre histoire que je vous conterai dans le prochain numéro du Criquet.

Promenons-nous dans les bois (Partie 1)

Le luthier, dont le métier est un art, fabrique nos précieux instruments à cordes depuis des siècles. À l’origine, le luthier façonnait des luths : un instrument roi à la Renaissance. Ce terme s’élargit ensuite pour désigner celui qui réalise des instruments à cordes pincées ou frottées, donc des guitares ou des violons par exemple. Son talent commence par la sélection des bois les plus adaptés à l’instrument qu’il va fabriquer. Il travaillera ensuite ces bois avec des outils presque inchangés depuis le XVIIème siècle. Il aura à cœur de conserver précieusement de belles planches de bois noble dans son atelier. Des pièces choisies dans diverses essences pour répondre au caractère et aux spécificités de l’instrument que l’artisan va créer. Le choix du bois dans la construction d’une guitare est donc très important car sa densité et sa qualité vont être déterminantes tant pour la sonorité que l’on obtiendra que pour son aspect esthétique. La coupe, l’abattage et le séchage auront eux aussi une grande influence sur la qualité du bois utilisé (cf mon article du Criquet N°227 de Janvier 2020). Voici donc un petit tour des différentes essences de bois privilégiées en lutherie. Un des bois les plus employés autant pour les guitares que les violons est l’érable. Il se reconnait à son veinage magnifique (érable ondé, pommelé ou moucheté). A la fois résistant et compact,
il apporte une sonorité percutante et une grande précision de jeu qui font de lui un précieux allié. Très fréquent aussi, l’épicéa est un bois très clair et soyeux. La sonorité qu’il procure est plutôt claire et cristalline avec une grande dynamique. Il est très utilisé pour réaliser les
tables des guitares folk et classiques. L’ébène est connu pour sa dureté, sa robustesse et sa teinte noire au grain d’une grande finesse. On l’utilise pour la touche (le dessus du manche de la guitare), parfois pour le chevalet (pièce de bois collée à la table et où sont attachées
les cordes). Suite le mois prochain.

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