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L’insomnie en musique

Voici mon dernier rédactionnel paru dans le Criquet magazine N°251 de Mars 2022 en page 4 : “L’insomnie en musique”. Saviez-vous qu’une des oeuvres les plus célèbres de Jean-Sébastien Bach était destinée à remédier à l’insomnie ? Vous pourrez le découvrir en cliquant sur « Read more » (Lire la suite) ou en suivant ce lien. Merci à Dider Aubray pour le super travail qu’il fait pour ce magazine incontournable de notre région.

L’insomnie serait à l’origine d’une des plus grandes œuvres de l’histoire de la musique. Les célèbres Variations Goldberg (1), composées par Jean-Sébastien Bach vers 1740, auraient été écrites pour combler les nuits sans sommeil du comte Hermann von Kayserling. Ce dernier, ambassadeur de Russie à la cour de l’Électeur de Saxe séjournait souvent à Leipzig, la ville où résidait Bach. Kayserling avait donc coutume de demander à Goldberg, son protégé et élève de Bach, de lui jouer du clavecin dans une pièce voisine de sa chambre, pour lui rendre supportables ces longues heures sans sommeil. Le comte demanda aussi à Bach d’écrire quelques pages afin que Goldberg puisse les jouer pour le distraire de ses insomnies. Loin d’être soporifique, cette œuvre est une des plus grandes séries de variations de l’histoire : trente variations succèdent à un thème initial dans une époustouflante démonstration de composition et de virtuosité. Le thème est issu d’une sarabande composée en 1725 et les variations sur cet air se suivent en multipliant progressivement les difficultés jusqu’à la transcendance des dernières pages. C’est probablement l’œuvre la plus difficile que Bach écrivit pour clavier. Nul doute aussi que le jeune Goldberg ait vu ses doigts mis à rude épreuve et n’ai guère eu le loisir de somnoler en les exécutant. On ne sait d’ailleurs pas si le comte Kayserling put s’endormir en les écoutant car nous sommes bien loin d’une musique de relaxation. Toujours-est-il qu’il récompensa Bach en lui offrant un très beau gobelet d’or rempli d’une centaine de Louis. Pourtant, il semble peu probable pour les musicologues contemporains que Goldberg ait pu interpréter une œuvre aussi redoutable du haut ses 13 ans. Mais Goldberg était l’élève le plus doué de Bach, mis à part les propres fils du maître… Cette œuvre fut rendue célèbre par le pianiste Glenn Gould qui en fit deux enregistrements. On retrouve aussi ces Variations Goldberg utilisées au cinéma, décrites dans la littérature et même transcrites en partie pour une ou deux guitares. Si ces variations, composées à l’intention des amateurs pour la récréation de leur esprit (d’après Bach) vous tente, pourquoi ne pas les essayer à la guitare ?

(1) – Le titre exact de l’œuvre référencée BWV 988 et écrit par J.S. Bach lui-même est : Aria avec quelques variations pour clavecin à deux claviers.

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